Mettre en valeur les atouts de nevers et de la nièvre pour rendre ses territoires plus attractifs et stopper l’érosion démographique en cours, tel est l’un des objectifs du nouveau préfet de la nièvre Michaël galy, arrivé à son poste à l’été 2023. Pour parvenir à ses fins, il compte notamment sur l’offre d’enseignement supérieur locale dont il est très vite devenu un fin connaisseur. Nevers sup le Mag est allé lui poser quelques questions à ce sujet…

 

 

 

Vous êtes préfet de la Nièvre depuis août 2023 en provenance de l’admnistration hospitalière… pourriez-vous nous expliquer ce parcours ?

Diplômé de Sciences Po Toulouse puis de l’École des hautes études en santé publique, j’ai notamment dirigé le CHU de Saint-Etienne puis les hôpitaux universitaires de Strasbourg dont j’ai été le directeur général entre 2020 et 2023. Jusqu’à mon arrivée cet été dans la Nièvre, dans le cadre des récentes évolutions de la haute Fonction publique qui veut mettre en œuvre des parcours professionnels plus transversaux.

Ce vécu, même s’il peut paraître atypique, enrichit incontestablement la manière dont je peux aborder ma nouvelle fonction. À Strasbourg, j’ai eu sous ma responsabilité plus de 12 000 personnes, dialoguant tout aussi bien avec des professionnels de la médecine que de nombreux institu- tionnels, sans oublier des enseignants chercheurs, puisque cet établissement était aussi un lieu de formation universitaire. Ce type d’expérience s’avère très utile lorsque l’on devient préfet.

 

Quel regard portez-vous sur nevers et plus généralement la Nièvre ?

La Nièvre est un département fort de nombreux atouts, dont son identité rurale et agricole, une importante activité touristique, et une dimension historique et patrimoniale indéniable. Une terre d’équilibre où les élus, les partenaires institutionnels et la population sont très accueillants. Cela dit, la Nièvre doit aussi relever un certain nombre de défis dont une déprise démographique importante depuis 40 ans. Pour lutter contre ce phénomène, il faut travailler sur l’attractivité en mettant mieux en avant ses atouts. Parmi eux, une situation géographique avantageuse, à deux heures de Paris et à trois heures de Lyon, un foncier très accessible, une vraie qualité de vie, un récit historique important. Sans oublier une offre d’enseignement supérieur en net progrès.

 

En quoi selon vous l’enseignement supérieur peut-il contribuer à l’attractivité de la nièvre ?

Le défi en matière d’enseignement supérieur est double : il faut une offre de formation plus importante, pour que les jeunes Nivernais soient plus nombreux à poursuivre leurs études dans le département. Et il nous faut des formations susceptibles d’attirer des étudiants d’autres régions. De quoi limiter le départ de jeunes qui, après, ne reviennent pas toujours, et de quoi pouvoir faire découvrir la Nièvre et ses atouts à une nouvelle population. Aujourd’hui, il faut reconnaître l’excellente dynamique de l’enseignement supérieur à Nevers.

« Le Campus connecté : un dispositif formidable ! »

 

C’est-à-dire ?

Premier chiffre très concret : un nombre d’étudiants au sein de l’agglomération passé de 2 000 à 3 000 en une dizaine d’années. Cette progression s’explique par la diversification des filières à disposition des jeunes, notamment dans le domaine paramédical. Elle s’explique aussi par la présence d’établissements comme l’ISAT, l’une des seules écoles d’ingénieurs dans le domaine automobile, et d’autres filières comme les arts appliqués ou encore le Droit. Enfin, je n’oublie pas le Campus connecté, première infrastructure de ce type de France en termes d’effectifs avec 55 étudiants, qui leur permet de poursuivre des études supérieures sans partir de chez eux. Avec un taux de réussite de 80 %, il s’agit d’un dispositif formidable. Parce que chaque jeune qui trouve sa voie est une victoire pour nous tous. Autre succès, la 1re année de santé à distance dont le taux de réussite est exceptionnel.

 

Comment pourrait-on encore promouvoir l’enseignement supérieur sur le territoire ?

Permettre à la Nièvre de gagner en attractivité passera par de nouvelles formations, mais aussi par la venue de nouveaux étudiants pour des périodes de formation plus ou moins longues.

Pour cela, un accord a été conclu avec les Instituts d’études politiques de Saint-Germain-en-Laye et de Fontainebleau qui feront venir à Nevers dès la prochaine rentrée une trentaine d’étudiants chacun pour des sessions de formation et de découverte d’une semaine. Ce projet, mené en lien avec l’agglomération de Nevers et la CCI permettra de mieux faire connaître notre ville, notre département et tout le potentiel de notre territoire. Un projet similaire devrait également être mis en place avec l’école CentraleSupélec.

Quel est le but de ce type d’opération ?

Encore une fois, il s’agit de renforcer l’attractivité de Nevers et de la Nièvre. Pour cela, il faut faire découvrir nos territoires. Et dans ces conditions, rien de tel que de faire venir sur place de futurs professionnels et de futurs décideurs qui pourront se rendre compte des atouts que nous proposons, tout en rencontrant aussi de nombreuses entreprises locales. Dans la Nièvre se joue
un certain nombre d’initiatives très modernes, au cœur des politiques publiques prioritaires, notamment en matière de transformation énergétique et écologique. Il est bon de les faire découvrir au plus grand nombre.
À très court terme, les rencontres avec les entreprises pourront ouvrir certaines perspectives de stages, tout comme elles permettront à nos professionnels d’entrer en contact avec des profils étudiants extrêmement intéressants. Notre idée est de renouveler ces opérations les années suivantes et peut-être d’élargir le procédé à d’autres écoles s’il fonctionne.

Share This