« L’ALTERNANCE : LA NOUVELLE FILIÈRE D’EXCELLENCE »

Auparavant considérée comme une formule de la seconde chance à destination d’élèves en difficultés, l’alternance a totalement changé d’image ces dernières années, devenant une filière d’excellence dans laquelle tout le monde ou presque veut s’engager. En trois ans, le nombre de contrats d’apprentissage signés est ainsi passé de 350 000 à 718 000. Et la Nièvre n’est pas en reste. Étudiants comme entreprises répondent au rendez-vous.

Il y a encore une poignée d’années, les contrats d’alternance – aussi appelés contrats d’apprentissage et de professionnalisation – avaient plutôt mauvaise réputation. Historiquement proposés en CAP à des jeunes en délicatesse avec le système scolaire, ces parcours étaient considérés comme réservés aux élèves en difficulté. Une filière de métiers manuels où les bons éléments n’avaient pas leur place. Lorsque ces parcours sont apparus dans l’enseignement supérieur, ils se sont donc heurtés à ce funeste préjugé. Et, l’alternance a mis de longues années à se faire une place en post-bac.
Aujourd’hui pourtant, cette mauvaise image est en passe de disparaître. En l’espace de trois ans, la formule a explosé partout en France. Inimaginable il y a peu, le supérieur a représenté en 2021 presque les deux-tiers des contrats d’apprentissage signés à travers toute la France. Et une opération comme la Stage Académie, montée à Nevers le 24 mars l’a encore soulignée, les entreprises, aujourd’hui, débordent d’offres. Quant aux jeunes, ils répondent présents ! Un changement radical de contexte.

« Beaucoup se sont étonnés que nous montions une filière d’ingénieurs par l’apprentissage il y a une douzaine d’années, confirme Ali Kribèche, directeur des formations par apprentissage de l’ISAT. Depuis, le discours a bien changé. Nous disposons de deux formations d’ingénieur par l’apprentissage en Génie mécanique à Nevers et en Génie industriel à Auxerre.
Nos jeunes se retrouvent à travailler à travers toute la France, dans des entreprises comme Airbus, Alstom, Renault, EDF, Schneider ou encore la SNCF. Et nous comptons bien plus de candidats que de places disponibles. »
Il faut dire que l’alternance cumule les bons points.

« Son gros point fort, c’est sa capacité à mixer théorie et pratique » explique Chloé Pasdeloup, chargée de communication au Campus des Métiers de Marzy (C2M) qui propose des formations dans pas moins de 14 spécialités de la 3 e à la Terminale mais aussi depuis peu en BTS MCO – Management commercial opérationnel.
« Après avoir abordé la théorie en classe, les jeunes retrouvent les mêmes problématiques en situation de travail. C’est bien plus efficace pour apprendre. Et c’est de cette manière que nos cours sont construits. C’est très intéressant pour les élèves, même s’il leur faut, du coup, assumer une forte charge de travail. ».

La plupart du temps en effet, le travail scolaire sera le même pour les alternants et pour ceux qui suivent une scolarité normale. Deux parcours professionnel et scolaire à loger au cœur d’un seul agenda. Un vrai défi. « Les notions que nous abordons en cours sont importantes, il est important de conserver une forte partie scolaire, complète Emmanuelle Gallon Lasserre, responsable au CSND du pôle apprentissage. Ces responsable au CSND du pôle apprentissage. Ces jeunes doivent donc s’adapter,
ce qui demande en effet une solide organisation. » Lancé à la rentrée 2019, ce pôle en rapide croissance regroupe désormais 80 alternants de BTS et de licence.
« Ces BTS proposent pour la plupart soit une formule classique soit l’alternance, à l’exception du BTS NDRC, tout en alternance.
Ne pas oublier nos licences en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation : Droitéconomie-gestion Cnam Analyse économique et financière et Droitéconomie-gestion Cnam Gestion des ressources humaines. ».

Pour réussir ce pari, le CSND peut notamment compter sur un réseau de plus de 200 entreprises partenaires qui seront autant de destinations pour les stages et les alternances. Avec en ligne de mire pour les étudiants des missions évolutives tout au long
de leur période en entreprise.
« Faire de l’apprentissage, c’est se doter d’une première expérience professionnelle avant même de décrocher son diplôme, c’est donc forcément une formule exigeante » explique Christophe Desramé, directeur de CCI Formation dont les deux écoles, Digisup et cs2i, ont recours à l’alternance pour plus de 80% de leurs effectifs.

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